Adieu Les Animaux

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Tout doit disparaître ? De par son nombre pléthorique même, l'être humain cherche à éliminer toutes les espèces vivantes sur Terre. Depuis des millénaires, l'homme a pratiquement exterminé systématiquement tous les animaux de plus de 50 kgs, soit parce qu'ils le menaçaient, soit parce qu'ils occupaient le territoire qu'il convoitait. Pour l'animal, il n'existe que deux choix de vie:

être éliminé physiquement ou être réduit en esclavage. Aucun animal n'est libre sur Terre. Partout où l'homme a posé son pied, l'animal a disparu. En Amérique du Nord, la disparition de la faune s'est effectuée chronologiquement avec l'avancée et la dispersion des hommes il y a 12.000 ans environ.

 Pourtant il existe vraisemblablement une autre vision des choses. Celle des animaux eux-mêmes. Tout récemment des scientifiques ont émis l'hypothèse de la notion de "suicide" chez les autres espèces vivantes sur cette planète. La notion de mort elle-même semble très souvent consciente et des rites mortuaires seraient pratiqués.

 Les animaux sont des êtres sensibles. Ils ressentent la perte d'un proche, l'absence, la souffrance, la tristesse. On connait l’attitude singulière de ces animaux face à la mort de l’un d’entre eux : ils recouvrent de branchages et de terre le cadavre à la façon d’un linceul, veillant parfois toute une nuit le défunt, et se lancent même dans des processions, emportant avec eux une défense ou des os de leur mort.

Dans un zoo écossais, un psychologue a assisté (par enregistrements vidéo) à la mort d’une femelle chimpanzé de 50 ans ; très calmes, les autres singes usèrent d’attitudes typiquement humaines : les jours précédant la mort, ils l’entourèrent étrangement en la toilettant et en restant auprès d’elle durant la nuit ce qu’ils ne faisaient jamais auparavant. Enfin, au moment de sa mort, ils l’examinèrent sous toutes les coutures, la stimulant et lui soulevant la tête, comme pour s’assurer de l’inéluctabilité de la situation avant de décider collectivement qu’il n’y avait plus rien à faire. Durant les semaines qui suivirent, les chimpanzés furent différents, s’alimentant bien moins que d’habitude.

Sutapa Mukerjee rapporte qu’une femelle éléphant s’est laissée mourir de faim dans un zoo du nord de l’Inde après la mort de sa compagne d’enclos (Associated Press, Lucknow, Inde, 6 mai 1999). Damini avait passé vingt-quatre jours à pleurer et n’avait ni bougé ni bu ni mangé depuis la mort de Champakali pendant son accouchement. Dans un premier temps, elle est restée immobile, puis ses jambes n’ont pas tenu. Ensuite elle s’est allongée sur le côté, la tête et les oreilles baissées, la trompe recourbée et fixant le personnel avec des yeux tristes. Damini avait dorloté Champakali et l’avait accompagnée pendant sa grossesse. Sa conduite «suicidaire» est la conséquence de la souffrance causée par le deuil*. La perte douloureuse de sa compagne l’a conduite au jeûne et à la mort. D’autre part, certains animaux semblent se livrer à une sorte de suicide collectif. C’est le cas des lemmings, petits mammifères rongeurs des boréales, qui se jettent parfois à la mer par centaines. Ce phénomène se produit en temps de surpopulation de l’espèce quand des groupes se forment afin de migrer vers de nouveaux territoires. Lorsque, durant leur migration, ils arrivent à la mer, ils la confondent instinctivement avec une rivière ou un lac, ils nagent jusqu’à l’épuisement et finissent par se noyer. En l’an 2000, près de six cents tonnes de langoustes se sont échouées sur la plage d’Elands Bay, à quelque 160 kilomètres au nord du Cap. Selon les experts de l’environnement, elles se sont poussées hors de l’eau de l’Atlantique par manque d’oxygène. On appelle «marée rouge» ce phénomène qui se reproduit assez régulièrement.

 Un groupe de touristes au large de la ville de Qinzhou, dans la province du Guangxi en Chine,  a filmé et photographié le rite funéraire d'un dauphin. Sous leurs yeux, une femelle s'est débattue pour transporter le cadavre de son petit. À plusieurs reprises, le corps sans vie a glissé, obligeant la mère à plonger pour le récupérer et le replacer sur son dos. Le bébé dauphin aurait été blessé après avoir été percuté par un bateau de touristes ou pris dans ses hélices. On aperçoit effectivement une longue entaille sur son corps.

 Les éléphants se regroupent pour mourir en un même lieu. Comme le montre dans Biology Letters une équipe de l'université du Sussex (Royaume-Uni), les plus gros mammifères vivants ont en effet conscience de la mort et respectent particulièrement les restes de leurs congénères. Les cimetières d'éléphants sont peut-être d'anciens points d'eau où seraient venus des individus en fin de vie pour calmer leurs douleurs et attendre la mort dans des bains de boue. Connaissant le comportement de ces pachydermes quand l'un d'eux meurt (agités et inquiets, ils veillent des jours durant), les scientifiques se sont intéressés à leurs réactions face aux ossements. Dans le parc d'Amboseli, au Kenya, ils ont donc placé sur les trajets de 19 troupeaux de mastodontes sauvages d'abord du bois, des défenses et un crâne d'éléphant, puis différents crânes de grands mammifères (rhinocéros, buffles et éléphants). Filmés, les animaux ont senti et touché longuement les restes de leurs congénères et délaissé les autres objets. Ils ont surtout apprécié l'ivoire, sans doute par reconnaissance "sociale". Placés ensuite devant des os de divers clans, les pachydermes n'ont, par ailleurs, fait aucune distinction filiale. Ils possèdent donc cette conscience à l'égard de la mort de leurs semblables qui pourrait les amener à se regrouper pour l'éternité.

 Les hippopotames également pratiquent des rites funéraires. On pourra consulter à ce sujet l'ouvrage de Julian Huxley, Le Comportement rituel chez l'homme et chez l'animal.

Empathie: http://www.youtube.com/watch?v=KNumtRS6mqY

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