Nouvelle Croisade De L’Energie : Centrafrique

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Lion Le gouvernement PS-EELV a donc décidé d’un déploiement d’un contingent français de 1.200 à 1.500 hommes qui devrait débarquer à Bangui pour compléter les quelques 400 soldats déjà présents pour une opération coup de poing. Paris promet une intervention de courte durée.

La presse africaine  oscille entre soulagement et  colère. Soulagement à Bangui, où l’on espère sur place que les troupes parviendront à neutraliser les ex-rebelles qui terrorisent la population et colère, sous forme de critiques  aigües, contre l’inertie coupable des pays voisins et des instances africaines alors que se profile le spectre d’un génocide.

Pourquoi la France opère-t-elle un tel revirement, elle qui, on s’en souvient, avait refusé d’intervenir en Centrafrique au moment où, acculé, le président François Bozizé l’appelait au secours?

L’instabilité au Nigeria, la guerre civile en RDC (République du Congo) toute proche et le Sud Soudan avec sa région pétrolifère d’Heglig ne sont pas loins non plus. La France a-t-elle trop d’argent ? Apres la Libye, la Côte-d’Ivoire, le Mali, maintenant la Centrafrique.

Un Etat artificiel et fantoche 

Centrafrique : malgré son nom désuet provenant de l’incroyable créativité des colonialistes français d’une époque révolue, le territoire garde son intérêt stratégique et économique.

La délimitation territoriale et le statut de la possession française n'ont pas été définis immédiatement. Ce n'est qu'après l'incident de Fachoda que le Royaume-Uni reconnaît, en mars 1899, la domination de la France sur tout le bassin de l'Oubangui. L'Oubangui-Chari devient une colonie en 1905 puis est intégré dans l'Afrique-Équatoriale française (A-ÉF) lors de sa création en 1910. Mais ses frontières sont modifiées dès 1911 : la France cède à l'Allemagne, comme gage de bonne volonté, l'ouest de la colonie, désormais rattaché au Cameroun allemand.

La nuit de la Saint-Sylvestre 1965, un coup d'État renverse Dacko. Il est conduit par le colonel Jean Bédel Bokassa, chef d'état-major, ancien sous-officier devenu capitaine dans l'armée française, et qui a participé à la libération de la France en 1944 avant de servir en Indochine. Personnalité déroutante, imprévisible et capable de toutes les excentricités, Bokassa n'est pas dépourvu d'un certain charisme ainsi que de sens politique. Malgré l'incohérence de ses décisions et sa cruauté, il parvient à se maintenir près de 14 années au pouvoir, faisant pression avec succès sur la France en jouant d'alliances momentanées avec l'URSS, les pays de l'Est, la Corée du Nord et, même, la Libye, se convertissant à cette occasion à l'islam pendant quelques mois. Il menace aussi Paris de créer sa propre monnaie.

Le dernier gouvernement d’union nationale mis en place en janvier 2013 par François Bozizé, juste avant que ce dernier ne soit renversé en mars par une coalition hétéroclite de groupes rebelles, la Séléka («l’Alliance»), offre à Michel Djotodia l’accession au pouvoir.

Ressources à saisir…

Le territoire de la Centrafrique est grand comme deux fois la France.

Pétrole et uranium

La Centrafrique, pays gigantesque et encore peu peuplé mais plus pour très longtemps (4,5 millions d’habitants en 2012), est aussi misérable que potentiellement très riche : or, diamants, mais aussi pétrole et uranium aiguisent les appétits. La déforestation contribue largement au PIB, avec d'importantes ressources en bois tropicaux. Dès le début de la colonisation, on a exploité l'hévéa pour son latex, aujourd'hui les essences sont plus diversifiées. Les moins nobles sont transformées localement par une petite industrie de contreplaqués, tandis que les plus précieuses sont exportées sans transformation sous forme de grumes.

Demographie explosive

Des conditions géographiques favorables firent que le pays prospéra au point d'accueillir sur son territoire actuel, selon certaines estimations, 6 millions d'habitants vers 1700, soit 50% de plus que la population actuelle.

1960 – 1.500.000 habitants

2003 – 3.900.000 habitants (x 2.6) 

2050 – 7.700.000 habitants (x 2.0)

Le taux de fécondité est de 4,4 enfants par ♀. 42% de la population a moins de 14 ans et l’espérance de vie est de 39 ans.

Le système éducatif en Centrafrique est calqué sur le modèle de la France. Il y a des disparités en ce qui concerne l'accès à l'éducation selon des critères sociaux et régionaux. On assiste de ce fait à un faible pourcentage de femmes dans le système scolaire.

Voilà les vrais enjeux pour l’armée française : apporter toute son aide en matière d’éducation sexuelle et de contraception. Sera-t-elle à la hauteur ?

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