Petite Princesse De La Forêt

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Elle aime à se promener parmi les feuillus. Comme elle ne sait pas nager, elle se consacre à la marche à pied. A 17 ans déjà, elle reconnaît les chênes, les hêtres et les autres résineux.

Lorsqu’elle part en balade, ses pas se font mesurés pour pouvoir le surprendre, comme on le lui a dit. Au moindre craquement de brindilles, le renard prendra la poudre d’escampette. Si elle a de la chance, elle pourra au moins apercevoir sa belle queue rousse. Elle aime à se perdre dans cette grande forêt, mais retrouve toujours la clairière où elle se repose en écoutant le chant des Autours, des Engoulevents , des Merles à plastron, des Cassenoix, des Sizerins et des Becs croisés dans une grande harmonie avec les feuilles des arbres qui flottent au vent.

C’est là qu’elle apprend l’empathie et l’amour, loin de la cité où les gens cherchent à la déprécier. Pour autant, elle ne renie pas ses congénères et entreprend même de défendre les droits des femmes et des opprimés. Tâche bien lourde à porter s’il en est pour ses petites épaules et son dos fragilisé par des tensions permanentes. Enfant, elle s’est mise à écrire ; écrire des histoires et des poésies pour oublier ses souffrances et ses blessures, pour exprimer ses inquiétudes, ses doutes, ses émotions, ses peurs, ses galères et ses espoirs. Les fantômes de son passé la pourchassent, elle, jeune femme tendre et douce comme l’humus de sa forêt, mais ils ne la rattraperont pas.

Elle est pluie sur les plantes qui ont soif ; elle est rayon de soleil sur les jeunes pousses pour les faire grandir ; elle est vent pour disperser les graines et pollens de la biodiversité partout sur Terre.

Alors elle se bat pour que la Terre soit plus boisée, pour que les océans soient plus peuplés, pour que les hommes deviennent meilleurs. Ses coups de gueule et son immense compassion trouvent leur force dans les racines de la terre, lorsqu’elle entoure un chêne vigoureux de ses bras et ferme les yeux pour sentir le cœur de l’arbre battre. Chacun lui raconte une histoire différente. Les  courlis cendrés, les passereaux, les vanneaux huppés, les bécassines des marais et les oies cendrées se réunissent pour lui dire qu’un jour son âme-sœur viendra. « Il y a toujours une place pour les personnes comme vous », lancent-ils en chœur.

Cette idée lui plaît, mais elle se dit que le cheminement intérieur sera long, très long. Jusqu’au bout elle gardera confiance en rêvant de mener ses combats avec son autre moitié, main dans la main, pour un monde plus sain, dépollué et moins peuplé.

En rentrant, sur le chemin, elle croise le regard du renard qui l’observe depuis le début. Il semble lui sourire et l’appelle : « Suis-moi, petite Princesse de la forêt ! »

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